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RDC : Jetée vers l’inconnu - entre révision constitutionnelle et risque de fracture nationale

 … « L’histoire jugera si cette séquence politique aura été celle d’une refondation ou celle d’une dangereuse fuite en avant. » La République démocratique du Congo retient son souffle. Ce qui relevait encore de l’hypothèse politique en 2024 s’est progressivement imposé au cœur du débat national. En ouvrant officiellement la voie à une campagne en faveur d’un changement de la Constitution lors de sa dernière adresse à la nation, le président Félix Tshisekedi a placé le pays face à l’un de ses paradoxes les plus sensibles : comment réformer l’État sans risque d’accentuer les fractures déjà profondes de la République ? Dans un contexte marqué par l’occupation de provinces du Nord et Sud Kivu, l’insécurité grandissante dans les grandes villes, la fragilité économique et la pauvreté de la population, les tensions identitaires et la méfiance croissante envers les institutions, le débat constitutionnel apparaît désormais comme le point de convergence de toutes les crispations pol...

RDC : UN DIALOGUE DE SOURDS AVANT LE DIALOGUE DE DUPES ?

  RDC : UN DIALOGUE DE SOURDS AVANT LE DIALOGUE DE DUPES ? Démocratie, cohésion nationale et souveraineté territoriale face aux défis du système politique congolais. Résumé introductif La République démocratique du Congo traverse une phase critique de son évolution politique. À l’approche des élections de 2028, le pays fait face à une triple équation stratégique : préserver la démocratie, maintenir la cohésion nationale et restaurer l’intégrité territoriale dans les zones occupées à l’Est du pays . La persistance du conflit dans les provinces orientales du pays, où les forces associées à l’Alliance Fleuve Congo et au M23 opèrent avec le soutien de l’armée rwandaise, constitue une menace directe pour l’intégrité territoriale, la souveraineté nationale et la stabilité politique du pays. ...

FIN DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES OU RETOUR AUX EMPIRES DES PUISSANCES ?

  Introduction : l’horizon d’une rupture systémique L’ordre international issu de 1945 reposait sur une ambition normative inédite : substituer à la loi du plus fort une architecture juridique fondée sur la sécurité collective. La Charte des Nations Unies érigeait l’interdiction du recours unilatéral à la force en principe cardinal, ne tolérant d’exception qu’en cas de légitime défense ou d’autorisation explicite du Conseil de sécurité. La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, sans mandat formel du Conseil de sécurité, s’inscrit dans un contexte plus large de fragmentation normative et de rivalités stratégiques accrues. Cet épisode n’est pas seulement un événement militaire ; il est révélateur d’une mutation plus profonde : le passage d’un ordre institutionnalisé à un système marqué par la compétition de puissances . L’analyse, dans les lignes qui suivent, afin d’interroger la portée de cette transformation, mobilise trois cadres doctrinaux majeurs...