Ville morte du 3 juin : A MI-JOURNEE, KINSHASA TOURNE AU RALENTI.


3 juin 2026 : à mi-journée, Kinshasa tourne au ralenti.


Kinshasa, 3 juin 2026, 11h30.

Quelques heures après les premières observations effectuées à l'aube, une tendance générale semble se dégager : si la capitale congolaise n'est pas totalement à l'arrêt, elle fonctionne à un rythme très largement inférieur à celui d'une journée ordinaire.

La matinée a commencé timidement dans plusieurs communes de la ville. Quelques habitants sont sortis de leurs domiciles, certains parents ont accompagné leurs enfants à l'école et des bus ont été observés sur plusieurs axes routiers. Des motocyclistes ont également pris la route, à la suite des appels lancés par les autorités provinciales encourageant la poursuite normale des activités.

À Limete, des caravanes de motocyclistes, communément appelés « wewa», ont été aperçues dans les rues. Toutefois, selon plusieurs témoignages recueillis au cours de la matinée, la fréquentation est demeurée faible.

L'une des images marquantes de cette journée est sans doute cette vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, montrant une longue rangée de motocyclistes stationnés sans clients. Dans la vidéo, un conducteur interpelle directement les autorités provinciales :

« Monsieur le Gouverneur, nous sommes sortis sur votre ordre, mais voilà nous sommes là et il n'y a pas de clients à transporter. »

Au-delà de cette séquence, plusieurs observations provenant de différents quartiers convergent vers le même constat : l'activité économique et la mobilité urbaine restent très en dessous des standards habituels de la capitale.

Un habitant témoigne : « Je suis sorti depuis 5 heures du matin. Le By-pass n'est pas comme d'habitude. On peut rouler à 100 km/h. Il y a quelques bus jaunes, mais pas assez de passagers. Les gens sont restés chez eux. Quelques élèves seulement étaient visibles sur la route vers 7h30. »

Les tendances présentées ici reposent sur des recoupements d'informations provenant de plusieurs communes de Kinshasa, notamment Mont-Ngafula, Kintambo, la Gombe, Ngaba, Lemba, Limete, Tshangu et N'Djili. Des informations ont également été recueillies dans certaines villes et agglomérations de l'intérieur du pays, notamment à Butembo et à Lubumbashi, ainsi que dans différents secteurs universitaires et centres urbains.

Dans plusieurs quartiers de Kinshasa, des écoles sont restées fermées ou ont enregistré une fréquentation particulièrement faible.

Sur le plan sécuritaire, quelques incidents localisés ont été signalés. À Kintambo, des tensions ont été rapportées entre des militants des Forces du Progrès et des sympathisants de l'opposition. D'autres frictions ont été observées à Limete. Toutefois, à ce stade de la journée, aucun incident majeur susceptible de bouleverser l'ordre public n'a été signalé dans les informations recoupées.

Avec une population estimée à plus de vingt millions d'habitants et plusieurs millions de personnes en déplacement quotidien, Kinshasa apparaît, à la mi-journée, très éloignée de son rythme habituel. Sur la base des observations disponibles, l'activité générale pourrait être estimée à moins de 20 % du niveau normalement observé un jour ouvrable ordinaire.

 

La situation demeure cependant contrastée à l'échelle nationale. Certaines provinces, notamment le Sankuru et le Maniema selon les informations reçues jusqu'à présent, semblent avoir fonctionné relativement normalement.

Ces observations ne prétendent pas dresser un tableau exhaustif de l'ensemble du territoire ni même de toute la capitale. Elles permettent néanmoins de dégager une tendance provisoire : si la journée du 3 juin ne peut être qualifiée de ville totalement morte et si les incidents recensés demeurent limités, elle ne ressemble pas davantage à une journée ouvrable ordinaire de Kinshasa.

À ce stade, l'élément le plus marquant n'est peut-être pas l'arrêt complet des activités, mais l'ampleur du ralentissement observé dans une ville réputée pour son agitation permanente et son intense activité économique.

Les prochaines heures permettront de savoir si cette tendance se maintiendra jusqu'à la fin de la journée et d'en mesurer les implications politiques dans le débat qui oppose aujourd'hui partisans et adversaires du changement de la Constitution.


 

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